Analyse: Évolution de la landing page d’Ornikar

Ça fait longtemps que je dois passer mon permis de conduire, alors quand j’ai entendu parler d’Ornikar, je suis allé sur leur site. Enfin des gens qui vous proposent de passer le permis sans vous saigner comme des barbares !

L’offre m’avait paru intéressante, mais j’étais pas encore tout à fait sûr, alors j’ai bookmarké le site pour plus tard.

Quand je suis retourné sur le site quelques jours après, j’ai remarqué quelques changements sur la page d’arrivée.

Deux versions (avant/après) de la landing page d'Ornikar

Deux versions (avant/après) de la landing page d’Ornikar (cliquer pour agrandir)

La page est parfaite pour un petit teardown, alors on va essayer d’analyser les changements principaux élément par élément et de proposer des pistes pour aller plus loin.

Enfin une vraie headline

Difficile d’insister suffisamment sur l’importance d’une bonne headline : c’est souvent l’élément que les visiteurs regardent en premier, et donc un de ceux qui contribuent le plus à former leur première impression.

Ici, il n’y a pas photo entre les deux versions.

Sur la première, on voit une erreur presque classique des landing pages de startups, à savoir le nom de la startup comme headline principale : cette headline n’apporte aucune information ni aucune valeur au visiteur.

Il sait déjà qu’il est sur le site d’Ornikar, et cette headline fait doublon avec le logo juste au-dessus.

Ornikar a donc choisi d’utiliser son ancienne subheadline à la place de sa headline.

Ornikar est la première auto-école en ligne disposant de moniteurs partout en France pour un apprentissage mobile et à prix réduit.

Convenez avec moi que ça renseigne le visiteur autrement mieux que le simple nom “Ornikar” !

Pourtant, cette headline pourrait être encore améliorée.

Parmi les erreurs classiques chez les startups, il y a une certaine tendance à l’égocentrisme : on met souvent en avant son entreprise de son propre point de vue au lieu de prendre le point de vue du client et son besoin, qui passent au second plan.

Il ne faut pas confondre : « Voici ce que notre produit peut faire » et « Voici ce que vous pouvez faire avec notre produit ».

Retenez que si vous n’êtes pas Apple, Amazon, ou une marque reconnue, personne ne sait qui vous êtes, et vous n’intéressez personne : c’est votre produit que les visiteurs recherchent. Donc dès que vous écrivez une headline où vous parlez de vous ailleurs que sur votre « À propos », attention, signal d’alarme.

Attention aussi à la rhétorique « Nous sommes les premiers » : vos clients n’ont pas forcément envie d’essuyer les plâtres.

Finalement, pourquoi insister sur le côté online d’Ornikar, et pas sur son prix (qui est pour moi l’aspect le plus attractif) ? La question pourrait être tranchée en sondant les inscrits sur la raison principale qui les a fait choisir Ornikar.

En résumé :

  • Rédaction un peu trop égocentrique : mieux vaut s’adresser au client directement
  • La proposition de valeur pourrait être affinée et centrée sur l’aspect le plus important pour les prospects
  • Formulation un peu jargonnante d’« apprentissage mobile »

Ajout d’un sentiment d’urgence

Une bonne idée qui peut être dangereuse, l’ajout du bandeau : « 1000 places à saisir avant le 15 février ».

C’est une technique classique et éprouvée dans la vente, mais qui a des subtilités dont il faut être conscient.

Ici, il ne faut pas oublier l’interaction entre cette information, et celle qui est donnée plus bas : s’il reste 568 places sur 1000 avant la fermeture, et que le site est ouvert depuis longtemps, les visiteurs peuvent penser que le site a des difficultés à écouler son produit, signal plutôt négatif.

La situation aurait été complètement différente s’il restait 568 places sur 10000, puisqu’on aurait eu l’impression que le public s’était précipité sur cette offre.

On pourrait être tenté de restreindre l’information donnée au visiteur en écrivant simplement « Plus que 568 places à saisir avant le 15 février ». Pas sûr que le sentiment d’urgence soit particulièrement fort avec plus de 500 places disponibles à la veille de la date limite.

De façon plus agressive, on pourrait abandonner le nombre de places limité et utiliser un compte à rebours pour insister davantage sur la limitation de l’offre dans le temps.

Tous ces détails peuvent aller à l’encontre de l’effet escompté, et en l’absence de chiffres forts, il est souvent moins risqué d’utiliser une phrase plus générale : « Nombre de places limité », « À saisir avant le 15 février ».

  • Ajout d’un élément d’urgence pour pousser les visiteurs à l’action

  • Les chiffres pourraient jouer en la défaveur du site

Une image plus convaincante

La comparaison entre les deux versions de l’image « Conduite » est presque comique, mais montre qu’Ornikar a perçu le problème tout de suite.

Sur la première, une carte de France où une poignée de moniteurs se battent en duel est censée illustrer la présence de moniteurs « partout en France » : le moins qu’on puisse dire est que cette image éveille le soupçon.

Est-ce que je vais devoir faire des kilomètres pour trouver mon moniteur chaque fois que je veux passer une leçon ?

L’image de la nouvelle version est plus dense, mais souffre comme la headline d’un certain égocentrisme.

En fait, le client d’Ornikar n’a rien à faire qu’il y ait des heures de conduite « partout en France » : ça, c’est le point de vue d’Ornikar, qui a des opérations à gérer sur tout le territoire.

Le client veut qu’il y ait des heures de conduite près de chez lui. Un outil permettant de voir la distance du moniteur le plus proche permettrait d’ôter tous les doutes.

  • Bonne perception du problème de la première image

  • L’image va-t-elle assez loin pour rassurer le visiteur ?

Des crossheads un peu mous

Les intitulés des différentes sections (conduite, code de la route, moniteurs), qui occupent une place importante, sont mécaniques, peu évocateurs et pourraient offrir beaucoup plus de valeur.

Pourquoi « Conduite » quand on peut avoir « Passez vos heures de conduites où et quand vous voulez » ?

Pourquoi « Code de la route / Entraînement en ligne » au lieu de « Pas besoin de vous déplacer pour vous entraîner au code » (qui est écrit juste en dessous, mais qui risque d’être ignoré) ?

Ce ne sont que des exemples, mais Ornikar minimise beaucoup des qualités de son produit.

  • Gaspillage d’un des éléments les plus lus par les visiteurs

Une page tarifs qui pourrait être mieux exploitée

La partie tarifs de la page me semble utiliser à mauvais escient une convention de design : Ornikar nous propose deux plans, Ornilib et Ornizen, mais les présente de la même façon, alors que le second est un bundle.

Mieux vaudrait présenter les services séparément, avec le prix et les features de chaque item, puis présenter le bundle comme la somme de ces services séparés.

Vous noterez que la somme des services contenus dans le bundle vaut 765 € à la carte : une belle occasion d’insister sur la ristourne qu’offre le bundle Ornizen (par exemple en barrant 765 € à côté du prix final).

  • Design qui prête à confusion
  • Pourquoi ne pas tirer profit de la réduction offerte ?

Un call to action un peu faiblard

Commençons par noter qu’il aurait été bon d’avoir un bouton directement au niveau des tarifs : c’est souvent à ce moment que le visiteur prend sa décision, et il est inutile de le forcer à continuer de scroller.

Pour ce qui est du call to action proprement dit, son intitulé (« Pré-inscription ») est un peu plat, et ne renforce pas l’offre que fait Ornikar : on préférerait par exemple « Je veux passer mon permis avec Ornikar ».

De même, « Valider » est un call to action très faible, je testerais : « Je passe mon permis avec Ornikar ».

  • Texte du CTA peu convaincant
  • Le CTA pourrait être accompagné de témoignages et d’autres éléments renforçant la confiance

Never submit. Et never valider non plus.

Never submit. Et never valider non plus.

Et vous, vous avez des idées pour améliorer cette landing page ? N’hésitez pas, commentez !

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